La famille vietnamienne

Ecrit par Guide francophone saigon delta Mekong sur . Publié dans Nouvelle voyage delta Mekong

Généralement, La famille vietnamienne: l’Occident appelle « famille », le groupe constitué par les parents et les enfants. Autour de ce centre privilégié se dessinent des cercles concentriques constitués par les grands-parents, les oncles et les tantes, les cousins du premier, deuxième degré etc. Les liens familiaux se distendent au fur et à mesure que les cercles s’éloignent du centre.
Le « ho », la grande famille
Certes, la société vietnamienne connaît aussi la réalité constituée par le groupe parents-enfants. Le terme qui la nomme, « nhà » signifie, à proprement parler, l’habitation, « nhà cua » Il désigne par extension tous ceux qui l’habitent, tous ceux qui sont abrités par le toit de la maison. C’est la famille au sens restreint, à laquelle il faut souvent ajouter bien du monde: une tante, un vieil oncle, les grand-parents, des enfants adoptifs. Mais ce groupe ne forme pas le centre de la famille ; il n’est en réalité qu’un élément, une branche de la vraie famille, la grande famille, le «  ho ». C’est en elle que réside l’essence familiale, c’est elle qui porte toutes les valeurs. C’est dans son sein que se pratique le culte des ancêtres et que se vit la solidarité parentale.
Le «  ho » comprend toutes les personnes descendant d’un ancêtre commun. Traditionnellement, cette parenté s’étendait sur neuf générations et allait du trisaïeul à l’arrière-arrière-petit-fils.
Toutes ces personnes, sauf les femmes nouvellement entrées dans la famille par le mariage, portent le même nom, «  ho ». Ces noms de famille sont peu nombreux. On en compte deux cents pour tout le Vietnam, trente sont vraiment usités. Dix d’entre eux sont très courants. Il arrive que pour un même village, deux ou trois noms soient portés par la moitié de la population (Nguyên, Trân, Hoàng , par exemple). Le nom particulier est donc absolument nécessaire pour identifier une personne. C’est le dernier d’une série de trois noms, le premier étant le nom de famille, le deuxième un simple mot de liaison, le troisième le nom personnel. Ainsi, Nguyên Van Duc est constitué par « Nguyên » nom de famille, « Van » la particule de liaison pour les hommes, « Duc » (vertu), nom personnel. Les femmes nouvellement entrées dans la famille, continuent à se rattacher à leur ancien «  ho » par leur nom, qu’elles portent toute leur vie et même au-delà de leur mort. Sur un tombeau de Huê, le Père Cadière avait relevé cette inscription:
« Tombeau d’une noble dame de la famille TRAN, entrée dans la porte (c’est-à-dire dans la famille) LUONG, mon illustre mère de l’ancien royaume du Sud »
Comme nous le verrons plus loin, les liens qui unissent l’association de la grande famille sont d’ordre sacré. Mais ce caractère religieux est lié à la consanguinité. On distingue très soigneusement le côté consanguin, « Bên nôi » (le côté de l’intérieur, le côté paternel) et la parenté par alliance, « Ben Ngoài » (le côté de l’extérieur, le côté maternel) qui, lui, ne fait pas partie de l’ensemble « ho » Les Vietnamiens sont extrêmement sensibles à cette consanguinité. Un proverbe affirme:
« Là où coule le même sang, Les entrailles se ramollissent ».
On ne laissera jamais dans l’embarras un parent, et la promotion d’un membre de la grande famille est une source de fierté et de profit pour tout le monde.
« Pour un seul qui devient mandarin, Toute la parenté en profite ».
On aurait tort cependant de croire que les liens qui unissent les membres de la grande famille dans un réseau serré d’obligations et de droits ne sont issus que d’une communauté d’intérêts. En réalité, c’est l’enracinement dans le monde des morts, le monde du sacré qui donne son véritable visage à la famille vietnamienne. La sagesse populaire vietnamienne déclare sans ambages à ceux qui auraient la tentation de ne voir dans la parenté qu’une association d’intérêts :
« On est parent à cause des ancêtres (Tô Tien) Non à cause de l’argent ou du riz »
La filiation charnelle est reprise en charge par le sentiment religieux. Ce qui n’était qu’une filiation naturelle va devenir un rôle, une relation réciproque. Il existe une merveilleuse phrase vietnamienne, d’apparence énigmatique, qui soutient:
« C’est le fils qui naît d’abord, le père ne naît qu’après »
Il s’agit presque d’une devinette pour laquelle on pourrait risquer une interprétation audacieuse. C’est le fils qui fait le père. Pour que quelqu’un puisse assumer le rôle de père, il faut qu’il y ait un fils. En d’autres termes, la filiation physique va du père au fils. Mais le sentiment, le « Hiêu », la piété filiale va du fils vers le père. Ce n’est là qu’une signification possible de cette phrase, mais, elle nous fournit une clé pour comprendre ce qu’est la relation interpersonnelle au Vietnam. Chacun transforme son prochain en quelqu’un d’autre et est, lui-même, transformé par son prochain. Le fils fait le père et le père fait le fils.

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